| Gourcuff : "On perçoit les dangers" |
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CHRISTIAN GOURCUFF, après deux essais infructueux en 1999 et en 2002, le FC Lorient a décroché son maintien en Première Division pour la première fois de son histoire. Comment avez-vous vécu cet événement ? C.G. : On ne fait pas référence au passé. On essaye de se tourner vers la situation actuelle du club. La saison dernière, on avait accédé à la L1 à la dernière minute du dernier match. On n'avait pas dominé la L2. Il y avait pas mal d'inquiétude surtout que l'on perdait beaucoup d'éléments. Il y avait une équipe à reconstruire avec très peu de moyen. Conclusion, le déroulement de la saison a été une grande satisfaction. On a acquis le maintien somme toute assez tranquillement. Et avec un jeu souvent de bonne qualité. Conclusion, quels seront vos objectifs pour cette deuxième saison dans l'élite ? C.G. : C'est évidemment le maintien. Un club comme Lorient, dont le budget ne peut pas faire rêver, ne peut pas viser autre chose. Comme beaucoup d'équipes. Ensuite, on a coutume de dire que la deuxième saison est plus difficile. On le sait. On en perçoit bien les dangers. Quels dangers ? C.G. : L'enthousiasme peut s'émousser. L'investissement par voie de conséquence s'effrite un petit peu. A partir de là, on pourrait être en danger. Mais bon, je compte sur l'ambition des joueurs et l'expérience de la saison dernière pour que l'on gagne en maitrise. La saison passée, l'une de vos forces a été la capacité de vos joueurs à respecter l'organisation et leur efficacité dans la récupération du ballon. Quelles seront vos valeurs cette saison ? C.G. : On souhaite conserver ces valeurs. On espère aussi l'enrichir par une plus grande maitrise dans le jeu, dans la tenue du ballon. Et si possible d'avoir plus de poids offensif que la saison dernière. En revanche, offensivement, votre équipe a montré ses limites? Vous n'avez pas été capable de prendre le jeu à votre compte. Est-ce un problème que vous comptez régler cette année ? C.G. : Je ne suis pas vraiment d'accord : on prenait le jeu à notre compte mais on n'était pas capable de le concrétiser. Après, on est toujours fragilisé. Cela explique nos difficultés à domicile alors qu'à l'extérieur, on pouvait plus facilement être dans une situation attentiste. Dans le domaine offensif, on doit avoir des qualités individuelles qui doivent nous aider à avoir davantage de maitrise. Sur le plan collectif, c'est le même problème. Ce sont nos objectifs de l'année. En conservant bien entendu, notre base qui a fait notre force cette saison. Et comment comptez-vous y arriver ? C.G. : Pour cela, on est tributaire du recrutement qui pour un club comme le notre est un peu compliqué. Il faut donc ne pas se tromper. Comme, on n'est pas beaucoup trompé l'année dernière. Même si certains paris n'ont pas été des succès, le recrutement a été globalement une réussite. On parle d'une enveloppe de 2 millions d'euros pour le recrutement. Il va falloir recruter malin. Quelles étaient les priorités et à quels postes ? C.G. : Le secteur offensif est une donnée importante. Surtout depuis le départ d'André-Pierre Gignac. Il ne faut pas se précipiter. Faire le bon choix. Tout est une question de timing. A la fois d'opportunité et aussi à la capacité de saisir les bonnes occasions. Les blessures des attaquants David M'Bodji et Kemal Bourhani ont-elles changé la donne ? C.G. : Pas fondamentalement. Ce qui a changé c'est l'urgence de le faire. On a perdu ces joueurs pour six semaines. Ils ne seront pas prêts pour les premiers matches. C'est un handicap aussi bien pour eux que pour nous. Il a donc fallu trouver le plus vite possible une attaque digne de ce nom. Que pensez-vous du transfert de Pierre-André Gignac à Toulouse ? Vous vous y attendiez ? C.G. : Ce n'était pas prévu. Mais ce sont des données qu'il faut désormais intégrer dans le football professionnel. Malheureusement. Les projets à moyens terme n'existent plus. On doit marcher dans le très court terme. On est tributaire des ambitions individuelles. Un club doit être suffisamment solide pour gérer ce type de situation. Mais à Lorient, aucun joueur n'est irremplaçable. Maintenant vous devez faire face à la "bouderie" de Rafik Saïfi. Est-ce que des cas comme cela ne vous exaspèrent pas ? Est-ce que vous comprenez ce genre de comportement qui devient coutumier dans le monde du football? C.G. : Il faut dissocier deux aspects : il y a des aspects contractuels et des aspects de terrains. Quand on vous demande toute l'année d'avoir un investissement dans le collectif et qu'on a un joueur qui manifeste le désir de ne pas jouer, cela devient difficile. Pour moi, cela ne m'intéresse pas d'avoir un joueur dans cet état d'esprit. Après, c'est compréhensible que certains joueurs qui ne sont pas bien, cherchent le changement. Il y a des toujours des solutions. C'est normal qu'un joueur, même sous contrat, aspire à autre chose, à d'autres ambitions. Mais il faut qu'en face, on ait des solutions... La situation conflictuelle ne doit pas être une fin en soi. En ce moment, on a tendance à utiliser le conflit pour le régler. Ce n'est pas la solution. L'année passée, vous avez tenté un pari avec deux gros noms Steve Marlet et Fabrice Fiorèse ? Un pari qui n'a pas vraiment réussi. Allez-vous prendre à nouveau ce genre de risque ? C.G. : Non. La situation est complètement différente. Quand Fiorèse et Marlet ont signé, la saison était entamée. On avait fait un recrutement dans l'urgence par nécessité. On n'avait aucune certitude sur l'aptitude du groupe à tenir la route. Ces arrivées étaient une façon de rassurer le groupe. Et puis de tenter ce pari. Maintenant après une année en L1, on connait la capacité de nos joueurs à tenir la route. Ce n'est plus du tout le même contexte. On ne s'orientera pas sur ce type de recrutement... L'année passée, l'une des clefs de votre réussite a été votre bon départ malgré un calendrier difficile. Cette année, vous n'êtes pas encore gâté avec un déplacement à Lille, Monaco, PSG, Bordeaux. Pensez-vous que cela sera déterminant ? C.G. : Tous les matches sont importants. Mais c'est vrai que prendre un bon départ pour une équipe comme nous est primordial. Si ça se passe mal, les "gros" ont plus de temps pour se retourner. C'est une donnée importante. On va se préparer du mieux possible. On est bien conscient de l'importance de notre départ. Propos recueillis par Glenn CEILLIER / EurosportCommentaires (0)
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Après avoir réussi son pari en maintenant 
